« Le vaccin contre la rougeole cause l’autisme ! » 

Qui peut dire n’avoir jamais entendu cette rumeur ?

Il aura suffi d’une seule étude frauduleuse, publiée dans une grande revue médicale, pour lancer un vent de panique international et jeter le doute quant aux recommandations vaccinales.

En 1998, Andrew Wakefield et une dizaine d’autres auteurs publient dans la revue médicale The Lancet des résultats sur base de 12 enfants suggérant le développement d’un nouveau type d’autisme, « l’autisme régressif », suite à une inflammation intestinale étiquetée comme effet secondaire du vaccin rougeole-rubéole-oreillons.

En 2004, 10 des 13 auteurs de cette étude ont rétracté leurs conclusions.

En 2011, une enquête menée sur les 12 cas de l’étude a été publiée dans le British Medical Journal a relevé de nombreuses irrégularités, la plus notable étant que 7 des 12 enfants souffraient d’un trouble neuropsychique avant la vaccination.

Quant à Andrew Wakefield, il s’est avéré qu’en 1996 il avait été approché par des avocats représentant des anti-vaccins qui souhaitaient faciliter une plainte à grande échelle.  Ceux-là mêmes avaient financé les recherches, et certains patients de l’étude frauduleuse avaient été recrutés par cet intermédiaire.  Andrew Wakefield a été exclu en 2010 de l’ordre des médecins britanniques.

Vaccin et autisme ; les études démentent le lien

Depuis lors, plusieurs études à larges échelles ont été menées dans la recherche d’un lien entre l’autisme et le vaccin rougeole-rubéole-oreillons, telles que le suivi de 657 461 enfants au Danemark entre 1998 et 2010, ou une autre au Canada sur 27 749 enfants, ou au Japon sur 300 000 enfants ; aucune n’a pu démontrer de lien.

Pourtant, et après toutes ces années, on entend toujours parler de cette rumeur.  N’est-ce pas effroyable, comme le doute se suffit à lui-même ?

Source : Vaccin rougeole-oreillons-rubéole (ROR) : pas de lien avec l’autisme.  La Revue Prescrire, février 2020, tome 40, numéro 436, pages 114-116


Dr Bultot : Médecin généraliste à Jalhay / Sart-lez-Spa

Diplômée de l’Université de Namur en 2014, puis du master de médecine à l’Université Catholique de Louvain en 2018, et enfin du master complémentaire de médecine générale avec grande distinction en 2020, j’ouvre la même année mon cabinet de médecine générale à Sart-lez-Spa. Attentive à une prise en charge globale du patient, j’ai développé plusieurs compétences secondaires afin de répondre aux défis quotidiens de la médecine générale, comme par exemple en obtenant le certificat ONE, ou celui de l’interprétation de l’électrocardiogramme (ECG), ou encore en me formant à l’échographie.